L’été est bel et bien terminé à Leicester. Les températures ont dégringolé courant août pour déjà laisser place à la fraîcheur, et parfois à la pluie, obligeant à ressortir les pulls et les écharpes des placards.

L’automne s’installe, à en croire les arbres qui changent de couleurs et les allées qui se recouvrent tout doucement de feuilles mortes.

Alors que pour certains, fin de l’été rime avec blues de la rentrée, de mon côté, cette période de l’année est sûrement ma préférée. Depuis toujours d’ailleurs, déjà petite fille, je me réjouissais de retrouver des températures plus clémentes (motivée par ma capacité très limitée à supporter le soleil et les chaleurs trop importantes) et de reprendre le chemin de l’école : odeur de cahiers neufs, nouvelles tenues léchées, apprentissage de nouvelles compétences, retrouvailles et nouvelles rencontres. Mon enthousiasme est d’autant plus exacerbé depuis que je vis des rentrées complètement dingues ces dernières années : à l’Ecole de Technologie Supérieure de Montréal, au Canada, il y a 3 ans, à l’Universitat Politecnica de Valencia, en Espagne, il y a 2 ans, puis à l’ISAE-Supaero, à Toulouse, l’année dernière à la même époque.

L’automne, c’est la saison des longues balades dans les parcs, à contempler les couleurs qui changent, à sentir les feuilles mortes craquer sous ses chaussures à chaque pas. C’est la saison des films qu’on regarde affalé dans le canapé, emmitouflé dans une demi douzaine de plaids en laine, un thé à la main, pendant que la soupe de potiron finit de cuire dans la cuisine. L’automne, c’est la saison où l’on passe un peu de temps à l’intérieur après avoir gambadé partout en été, où on se pose pour lire et écrire, ou bien trier les photos de voyage qui se sont accumulées pendant tout l’été sur la carte SD.

Justement, c’est en triant les photos de ces dernières semaines que je me suis rendue compte, sans que ce soit vraiment une surprise, que je n’ai finalement que très peu de photos de la ville de Turin, en Italie. Certes, le coup de cœur n’avait pas été au rendez-vous (on aura l’occasion de revenir là-dessus), mais j’ai remarqué ça de manière plus générale dans toutes les villes que j’ai habitées ces dernières années. Je crois qu’on appréhende une ville différemment quand on y vit, que quand on la visite pour des vacances. Et évidemment, les occasions sont plus rares d’avoir son appareil photo à portée de main dans la vie « quotidienne ».

Avant de me flageller de ne pas avoir ramené assez de souvenirs de l’Angleterre, une fois revenue en France, j’ai profité de la baisse des températures pour laisser de côté un instant les plaids, le thé et la soupe de potiron pour enfiler une écharpe, prendre un sac et partir explorer Leicester avec mon appareil photo. Suivez-moi, je vous donne un aperçu.

Abbey Park

Coup d’œil sur Google Maps, comme à mon habitude : certainement mon application préférée pour visualiser la ville dans son ensemble et repérer des points d’intérêts, tout en évitant de trop me spoiler. Je repère l’Abbey Park, au Nord de Leicester, coincé entre le Soar et le Grand Union Canal. Un endroit calme, avec ses grandes étendues d’herbe, ses allées bien entretenues et ses arbres verdoyants.

On se balade dans le petit jardin Japonais, on marche sur les ruines d’une ancienne abbaye et on « discute » avec les canards près qu’un grand pont. Le parc est si grand (et si vide) qu’on s’y croirait presque seuls promeneurs. Seul bémol : il est assez éloigné du centre de la ville et les entrées sont limitées : on y accède soit en longeant une route très bruyante, soit en traversant un quartier laissé à l’abandon (et donc peu rassurant).

Le City Centre

Le coup de cœur pour le centre ville de Leicester ne s’est pas produit. Si les rues en elles-mêmes ne sont pas désagréables (petites maisons de couleurs à deux ou trois étages), c’est l’ambiance de la ville qui met parfois mal à l’aise. Malgré presque 400 000 habitants, faisant d’elle la dixième plus grande ville du Royaume-Uni, les activités déjà peu nombreuses se terminent assez tôt (vers 17h) ne laissant plus que 2 options dès la fin de journée : les bars et les restaurants.

À comparer avec d’autres villes anglaises que j’ai eu l’occasion de visiter : la vivante et culturelle Bristol et la studieuse Oxford, le centre de Leicester semble un peu fade et mort. Malgré tout, la ville étant cosmopolite, il y a quelques très bonnes adresses pour une poignée de pounds : Nawaaz Indian Restaurant (London Road) par exemple.

Pour preuve, certains quartiers, ici au Nord de la ville près du Grand Union Canal, sont complètement à l’abandon. Ce petit côté industriel en friche n’est pas pour déplaire à mon œil de « photographe », mais j’ai du mal à croire que les bâtiments sont complètement inhabités.

Aylestone Meadows

S’il y a bien un domaine dans lequel Leicester se rattrape, ce sont les quelques jolis parcs de la ville. À la différence de l’Abbey Park, la réserve d’Aylestone Meadows est beaucoup plus naturelle, moins entretenue. En longeant le Soar vers le Sud-Ouest et après avoir passé les écluses et les quelques ponts, on arrive très vite dans un coin très agréable et préservé. Un peu plus loin, quelques pistes cyclables ont été aménagées façon Canal du Midi (on se croirait à la maison) reliant directement le centre ville aux banlieues.

Braunstone Park

Même coup de cœur pour Braunstone Park, un parc de 68 hectares à l’Ouest de Leicester, près des quartiers résidentiels. L’endroit compte 2 lacs et 3 jardins : un jardin commémoratif de la Seconde Guerre mondiale, un jardin clos et un jardin d’azalées. Plusieurs espaces sportifs sont aussi aménagés le long des sentiers sinueux qui l’arpentent : skate park, aires de jeux, terrains de football, circuit d’entraînement. Ce n’est que la pluie (bienvenue en Angleterre) qui nous forcera à écourter notre balade dominicale, devenue tradition (on vieillit, que voulez-vous).

Musées

Côté visites culturelles, on est allé au New Walk Museum and Art Gallery, un musée un peu fourre-tout (Egypte ancienne, peinture, biologie, Star Wars, dinosaures) mais sympa pour un prix moins cher que gratuit. Justement, s’il y a bien quelque chose qui m’a plu, c’est cette politique de gratuité et d’accès à la culture. Tous les musées (ou parcs) ne la pratiquent pas, évidemment, mais j’ai l’impression que c’est globalement plus courant ici qu’en France.

On s’est aussi aventuré au National Space Centre, l’équivalent anglais de la Cité de l’Espace en intérieur, où on a passé une très bonne après-midi pour 15£. Coup de cœur tout particulièrement pour « We are stars », un petit film pédagogique et très poétique de 20 minutes sur l’Histoire de l’Univers, diffusé au Planétarium.

 

Le temps de faire ses valises est déjà (encore) arrivé. Une dernière balade à Leicester avant d’enchaîner les prochaines aventures. Souvenez-vous : retour à Toulouse pour ma remise des diplômes de l’ISAE-Supaero, départ pour une semaine à Bremen en Allemagne pour l’International Astronautical Congress, vacances bien méritées d’une semaine à Paris puis début du stage au CNES de Toulouse.

Bon premier dimanche d’automne à vous !