Il y a des rêves qui se concrétisent sur un coup de tête. Istanbul en faisait partie.

Enfin, c’était surtout celui d’Arnaud, de rêve. Cette ville magique, à cheval sur l’Europe et l’Asie, lui trottait dans la tête depuis plusieurs semaines quand il m’en a parlé pour la première fois. L’occasion s’est présentée en mai, on s’est laissé quelques jours pour réfléchir, peser le pour et le contre et interroger notre entourage sur les problématiques de la sécurité (manifestations politiques et récents attentats). Finalement, on en a rediscuté de ensemble et on s’est accordé à sauter le pas: l’occasion était trop belle pour ne pas la saisir.

On s’est précipité sur les billets d’avion, puis à quelques jours du départ, sur la réservation de l’hôtel, que nous avons choisi en plein coeur historique, à deux pas d’Ayasofya – l’Eglise Sainte-Sophie – et de Sultanahmet camii – la très célèbre Mosquée Bleue.

Un vrai bonheur de découvrir la chambre d’ailleurs, d’ouvrir les rideaux et de révéler la vue sur les monuments les plus mythiques d’Istanbul. Un peu moins agréable, mais très oriental cependant, de se faire réveiller aux aurores par l’appel à la prière, la mid’hana – le minaret – étant à quelques mètres de nos oreilles.

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Son pouvoir d’attraction est immense, il est difficile de résister à son appel: quelque soit l’endroit où nous souhaitons aller, chaque jour, nos pas nous guident vers le Bosphere. Ce détroit, frontière naturelle entre Orient et Occident, relie la Mer Noire à la Mer de Marmara.

Émerveillés, hypnotisés, nous restons de longues minutes, accoudés aux rembardes, à observer le va-et-vient des vapurs, les ferries à vapeur qui relient les continents asiatiques et européens.

Il faut alors se frayer un chemin dans la fourmilière géante et grouillante, entre les vendeurs à la sauvette, les rabbateurs des restaurants et les stambouliotes pressés. En fin de journée, ce sont les pêcheurs à la ligne qui se bousculent de chaque côté du Pont de Galata, qui enjambe la Corne d’Or.

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C’est d’ailleurs au matin du troisième jour que nous nous décidons enfin à nous procurer des tickets pour embarquer à bord d’un des incontournables bateaux.

La fumée s’échappe dans les airs. Coup de brume du marin, pour signaler notre départ. Une heure et demie de croisière à se laisser bercer par le bruit du moteur, par le claquement du drapeau turc sous l’effet du vent et par les conversations des autres passagers. On contemple les rives, les monuments historiques, édifices et mosquées qui se succèdent sous un soleil de fin de journée.

On profite, on prend des notes pour les prochaines visites et surtout: on immortalise l’instant avec nos appareils photos respectifs. Istanbul tient ses promesses. Et dire que les turcs prennent ce bateau comme ils prendraient le métro ou le bus !

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Sur le bateau justement, on repère la Tour de Galata au sud de Taksim, qui date du 14ème siècle et qui servait à l’époque à protéger la colonie génoise, qu’on visitera quelques heures plus tard. À son sommet, le passage est étroit mais l’attente vaut la peine: la vue est éblouissante sur Istanbul: 3 rives accolées, 2 continents prêts à se toucher.

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L’édifice le plus reconnaissable et le plus photogénique d’Istanbul. Impossible de passer à côté. Lieu de culte le plus fréquenté (et certainement le plus visité) de la ville, la Mosquée Bleue, qui a la particularité d’être entourée de 6 minarets, n’est jamais tranquille. Les stambouliotes et les touristes gravitent en permanence autour de ses murs.

Pour y accéder, deux entrées : l’une pour les fidèles, l’autre pour les visiteurs. Comme dans toute Mosquée : robe longue et foulard obligatoire pour les femmes. Il faut aussi retirer ses chaussures.

À l’extérieur, sur les cotés, des robinets sont pris d’assaut par les musulmans pendant les heures de prière. À l’intérieur, c’est la beauté des décorations et la hauteur sous plafond qui impressionnent. 260 fenêtres et des centaines de faïences à dominante de bleu ornent ses murs.

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Face à elle, l’imposante et élégante Sainte-Sophie n’est pas en reste. Construite comme Basilique au 4ème siècle avant de devenir Mosquée, l’édifice est aujourd’hui un musée historique. Sa coupole, ses mosaïques jaune et bleue et ses colonnes de marbre et de granite sont une réference en terme d’art byzantin.

Dommage que des travaux de restauration empêchent de profiter pleinement du spectacle qu’offre l’édifice, combiné d’Orient et d’Occident.

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Un peu plus loin, l’agitation frénétique du centre retombe. Istanbul vibre différemment, à défaut de touristes, ce sont les taxis jaunes qui fendent les rues.

Seuls, nous profitons du calme des premières heures du matin pour visiter les plus jolies mosquées: Süleymaniye camii – la Mosquée de Soliman le Magnifique – et la Mosquée Şehzade, construite sur l’ordre du sultan Soliman à la mémoire de son fils ainé, le prince Mehmet, qui n’ont décidemment rien à envier à la Mosquée Bleue.

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Lorsque le soleil se couche sur la ville, on s’habitue presque chaque soir à monter sur les toits du quartier de Sultanahmet pour profiter pleinement du spectacle. D’ici, la vue est à 360° sur Istanbul: d’un côté, les Mosquées qui s’animent à l’heure de la prière, de l’autre, la Mer de Marmara et la rive asiatique.

Les mouettes, omniprésentes, font partie du décor. Elles viennent se poser sur les rembardes, nous observent du coin de l’oeil et crient leur envie de partager notre repas. Lorsque le dernier rayon de soleil passe sous la ligne d’horizon, Istanbul s’éveille : les façades des édifices s’éclairent et, au loin, des milliers de lumières viennent doucement percer l’obscurité.

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Le dernier jour, nous entamons un voyage au coeur de l’histoire et de la culture ottomane à Topkapi, un palais de sultans construit au 15ème siècle.

Malgré la pluie, nous ressentirons tous les deux un gros coup de cœur pour les mosaïques colorées, les vestiges bien conservés, les allées bordées de centaines de roses et surtout : l’esplanade avec toujours cette vue panoramique sur le Bosphore, côté asiatique cette fois-ci.

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Le voyage de 4 jours prend déjà fin, avec une pointe de tristesse que de devoir abandonner la poésie et la magie du Bosphore.

On s’enfonce alors dans les ruelles puis dans le Grand Bazar, un labyrinthe gigantesque en plein cœur de la ville historique, à la recherche des quelques souvenirs à ramener en France. Brouhaha perpétuel, odeur persistante d’épices. On se perd dans ce réseau immense de galeries, qui se ressemblent et s’entremêlent, on découvre son architecture mythique et on laisse traîner nos yeux une dernière fois sur les mosaïques.

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À son tour, 2017 s’achève aujourd’hui. J’ai trouvé que la plus belle manière (excepté de faire la fête, évidemment) de la terminer serait de revenir en images et en mots sur ce voyage particulier, qui nous a tous les deux fait rêver et a marqué notre année. En espérant, comme toujours, vous avoir fait un peu voyager avec nous, à ma manière.

Je vous souhaite à tous un bon réveillon, et je vous dis: à l’année prochaine pour de nouvelles aventures !

PS: Merci Arnaud pour les vidéos!