Une quinzaine de jours s’est écoulée depuis notre emménagement à Turin, dans le Nord de l’Italie, à seulement 2h00 de voiture de la frontière française.

Pour resituer le contexte, nous sommes 10 ingénieurs de l’ISAE-Supaero (l’école d’ingénieurs à Toulouse dans laquelle je fais mon Mastère Spécialisé en Systèmes Spatiaux depuis septembre), sur 39 au total, à être partis travailler sur un projet européen de 6 mois orchestré par l’Agence Spatiale Européenne et Thalès Alenia Space. Ce projet, en partenariat avec l’Université de Leceister (Royaume-Uni) et Polytechnique de Turin (Italie), d’où viennent les 29 autres ingénieurs, consiste à concevoir toutes les installations lunaires (habitats pour les astronautes, véhicules, sites de lancement, centrales de production) nécessaires à la production et l’acheminement de carburant en utilisant les ressources de la Lune, pour facilitier l’exploration humaine du Système Solaire.

Si je ne vous ai pas (encore) perdu dans mes explications techniques alors laissez moi vous éclairer sur le planning de ces prochaines semaines avant d’en venir aux faits, c.a.d nos aventures improvisées à Genova le week-end dernier. Le projet est organisé en 3 phases : 2 mois à Turin, 2 mois à Toulouse et 2 mois à Leceister. Je passerai aussi 1 semaine en juin et 1 semaine en septembre à l’European Space Research and Technology Centre (ESTEC) de l’Agence Spatiale Européenne, à Noordwijk, aux Pays-Bas. À la fin du projet, en octobre, si on est sélectionné par le jury, on présentera le projet à l’International Astronautical Congress qui se tiendra à Bremen, en Allemagne. Pour résumer : beaucoup de voyages et de déménagements un peu partout en Europe prévus pour les prochains mois !

Nous avons donc quitté Toulouse en convoi de deux voitures un matin début avril, avant même le lever du soleil. En milieu d’après-midi, après quelques 8h de trajet, je rangeais déjà mes affaires dans la commode de ma nouvelle chambre, dans un appartement dans le centre ville avec mes nouveaux colocataires français : David, Antoine et Pierrick.

Difficile pour le moment de se faire une opinion sur la ville d’ailleurs. Autant le coup de cœur pour Montréal ou encore Valence s’était fait ressentir presque instantanément, autant pour Turin c’est moins évident. Il faut dire qu’on a eu peu de temps depuis qu’on est arrivé, avec le projet qui a commencé sur les chapeaux de roues. Et surtout… une météo très capricieuse ces deux dernières semaines, ne rendant pas la quatrième plus grande ville italienne beaucoup plus attrayante à nos yeux ! Pour l’instant, je préfère laisser à Turin le bénéfice du doute, avant de vous dépeindre un portrait qui ne lui correspond certainement pas, et choisis de vous emmener, pour ce premier article sur l’Italie, là où nous sommes allés chasser le soleil le week-end dernier.

Située sur la côte, à 2h00 de Turin, Genova détient le plus important et historique port d’Italie. Et si la ville nous a été explicitement déconseillée par des Turinois (pour des raisons qui m’échappent encore), de notre côté, nous ne saurons que la recommander !

Peu adeptes des endroits bondés où les touristes s’agglutinent, nous avons décidé de profiter de ce dimanche ensoleillé entre copains pour prendre le temps. En laissant nos pas nous guider, nos avons découvert les jolies rues colorées (et parfois vides) de Genova, et surtout: nous avons pu apprécier la vue sur les toits et la côte Ligurienne depuis le Belvedere Castelletto et la Via degli Archi, là où nous avions laissé la voiture en arrivant.

En milieu d’après-midi, nous avons repéré au loin le Castello d’Albertis, sur le Mont Galletto, qui, je l’apprendrai plus tard, abrite le Musée de la Culture du Monde. Si celui-ci était fermé, suivre cette direction nous aura au moins permis de tomber sur un petit parc en escalier. Tels des enfants, nous avons pris d’assaut les tobbogans et les cages à grimper avant de négocier un ballon et d’improviser une partie de basket sur un terrain aménagé. Tant de calories brûlées… il était temps de recharger les batteries : direction le centre-ville pour déguster une vraie glace « à l’italienne ».

Nous sommes remontés dans la voiture quelques minutes plus tard (non sans mal), tandis que le ciel commençait à se couvrir dangereusement, pour une virée à Boccadasse, un petit quartier balnéaire situé à l’Est de Genova. Il semblerait que nous ne soyons pas les seuls à avoir eu cette idée, à en juger par le taux de remplissage des quelques mètres carrés de plage de galets.

Après avoir profité de quelques minutes de discussion sur les rochers (7 garçons pour moi toute seule), face à la mer, nous avons repris la route pour Turin, prêts à attaquer une nouvelle semaine de projet mais aussi et surtout… prêts à planifier nos prochaines escapades italiennes !