Je crois que j’ai toujours eu un attrait certain pour les objets anciens. Petite, je me souviens que je rêvais d’avoir une machine à écrire, je pouvais passer des heures dans des bibliothèques entourée de vieux livres, et je lorgnais sur les appareils photos dans les brocantes du coin. Mon grand-père le savait bien quand il a laissé des petites étiquettes avec mon nom inscrit sur tout son équipement photographique, qu’on a retrouvé il y a quelques mois dans les tiroirs de son bureau. Quant à moi, je n’aurais pu imaginer un plus bel héritage que celui-ci : mes premiers pas en argentique se feront avec son Olympus OM10 et sa focale fixe 28mm f2.8.

Impatiente à l’idée de tester le fonctionnement du boitier, j’ai choisi l’Occitanie (Toulouse, Cordes-sur-Ciel, Saint-Antonin-Noble-Val et Penne) pour mes premières pellicules : des Kodak Gold 200 offertes par mon père. Une petite frayeur après avoir inséré la pellicule justement : celle de ne pas réussir à faire marcher le levier d’armement qui permet de passer à la vue suivante. Un détour dans un magasin pour racheter des piles et me voilà rassurée : l’exploration photographique de Toulouse et de ses environs peut commencer.

Toulouse

Ca va faire 8 ans maintenant que je me suis installée pour la toute première fois à Toulouse. J’avais 17 ans et j’y posais mes bagages pour y faire mes études. Cette ville, j’ai eu le temps de la parcourir en long, en large et en travers ces dernières années. Pourtant, il ne me semble pas avoir consacré un bout d’article sur ce blog : il est grand temps d’y remédier.

C’est à Toulouse donc, que je choisis de me familiariser avec mon nouveau joujou en plein mois de juillet : le long des quais de la Daurade jusqu’au Pont Neuf pour immortaliser la Chapelle Saint-Joseph de la Grave, dans les ruelles bondées de Saint-Rome jusqu’au Capitole, autour de la Basilique Saint-Sernin et dans les allées renovées de Jean-Jaurès. Une promenade photographique, marquées par des arrêts réguliers pour profiter du soleil, manger une glace et boire un verre en terrasse.

Cordes-sur-Ciel

Le lendemain, on prend la route en direction d’Albi pour visiter Cordes-sur-Ciel, à une heure de voiture de Toulouse. Ca faisait déjà plusieurs mois que le nom de ce village est en tête des endroits que je veux visiter, et on profite donc d’une matinée un jour de semaine pour pouvoir parcourir ses jolies ruelles pavées en toute tranquilité. Fait amusant : la ville est jumelée avec Kourou, en Guyane, terre de lancement des fusées Ariane.

En se laissant porter par nos pas, on finit par tomber presque par hasard sur le Jardin des Paradis (qui porte bien son nom), sur les anciennes terrasses de la ville basse. Une visite à ne pas manquer si vous passez dans le coin. On déambule dans les différents espaces en suivant le parcours : plantes exotiques, potager d’antan, bananeraie, bassin au lotus. On prend même le temps de se poser dans les hammacs du pavillon persan, avant d’être dérangés par deux enfants impatients de se balancer eux aussi.

Saint-Antonin-Noble-Val

Ce jour-là, notre balade se poursuit par un petit crochet à Saint-Antonin-Noble-Val, où on prendra un verre en terrasse. Comme pour Albi ou Gaillac avec le Tarn, on accède à la ville par un pont principal qui enjambe l’Aveyron.

Penne

Dernière étape de la journée : direction le village de Penne. On grimpe dans les ruelles pitoresques jusqu’aux ruines du château-fort qui, perché à 120 mètres de hauteur, surplombe les rives de l’Aveyron. Grâce aux panneaux disséminés sur le site, on découvre la vie des habitants de la cité à l’époque médiévale. On observe également les tailleurs de pierre qui, en habits d’époque, s’affairent à reconstruire les murs.

De retour à Toulouse, je file le lendemain à un labo aux Carmes, pressée de faire développer et numériser ces deux premières pellicules.

Surprise de découvrir le résultat quelques heures plus tard dans ma boîte mail : certaines prises de vue ont l’air surexposées mais globalement le résultat est très chouette. Les photographies ont ce quelque chose de vintage, avec des couleurs un peu passées (garanties sans retouche). Et puis au-delà du rendu final qui est très satisfaisant, c’est toute la mécanique de l’argentique qui m’a plu : charger la pellicule dans le boitier, régler les paramètres, faire la mise au point manuellement, déclencher, actionner le levier d’armement, rembobiner avec la tigette lorsque la bobine arrive au bout. Il faut prendre le temps, réfléchir à son cadrage, ne pas se précipiter, ne pas déclencher à outrance car le nombre de poses est limité.

Quelques heures plus tard, c’est dans ma boîte aux lettres que je reçois de précieuses pellicules supplémentaires pour continuer mes essais photographiques : des Kodak Gold 200 et des Kodak Portra 160, que je glisserai dans ma valise, direction la Provence…