C’est sous un temps grisâtre que je quitte Paris pour mieux rejoindre le soleil et les trente degrés de Montréal. Le voyage commence enfin, après des semaines d’attente et de préparation. Un brin excitée mais surtout beaucoup de mal à réaliser que je m’envole pour quatre mois d’aventure, même une fois confortablement installée dans l’avion. Il me faudra atterrir en début d’après-midi heure locale et me confronter aux rues toutes mignonnes de mon quartier pour comprendre qu’enfin, j’y suis.

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Le début du voyage commence au terminal trois de l’aéroport Roissy Charles de Gaulles, à neuf heures trente du matin. L’enregistrement des bagages se fait sans encombre ; nous avions pesé plusieurs fois les valises à la maison pour être certains de ne pas avoir de mauvaises surprises. Pour la petite anecdote, je me suis contentée d’emmener un bagage cabine de dix kilos et un bagage en soute de presque vingt-deux kilos pour une limite fixée à vingt-trois. J’étais pourtant persuadée que j’allais devoir investir dans un nouveau sac avant de partir ou bien.. me séparer de la moitié de mes affaires – les petits inconvénients d’aller vivre trois saisons différentes dans un pays bien trop loin -.

J’embrasse mes parents une dernière fois, les salue de loin tandis que je passe le contrôle de sûreté. L’embarquement est assez rapide, et le bus me conduit – ainsi qu’une partie des passagers – jusqu’à l’avion : un Airbus A330 de la compagnie AirTransat. Je prends place à bord, siège 46A, près du hublot. Le décollage est prévu à onze heures trente.

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Le vol – de sept heures – passe plutôt rapidement. Il faut dire que c’est l’équivalent d’un Paris-Toulouse en train, trajet que j’ai l’habitude de faire toutes les six semaines. Je lis, regarde le début d’un film et me repose un peu surtout : avec les six heures de décalage horaire, il sera à peine treize heures lorsque je poserai pour la première fois le pied sur le sol canadien, de quoi vivre deux après-midis en une seule et même journée : étrange sensation.

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Une fois sur la terre ferme, les péripéties commencent. Plus d’une heure d’attente pour passer la frontière avec une passagère plus qu’exaspérée derrière moi, commentant la situation minute par minute. Je finirai par passer la douane et irai récupérer mon bagage, malgré les fausses indications de l’écran d’affichage. Une fois toutes ces étapes terminées, c’est la « routine » : je sais quel bus prendre pour aller découvrir mon appartement. Sauf que le bus en question – le 747 -, m’indique le chauffeur, n’ira pas jusqu’à mon arrêt : il se contente de faire la navette entre l’aéroport et le premier arrêt en ville où il est terminus. Il faudra donc que je descende du bus à l’arrêt en question et prenne un métro qui m’amènera presque à l’arrêt où j’avais initialement prévu de descendre (vous suivez toujours ?). Moi qui pensais découvrir une partie de Montréal, le nez collé contre la vitre, la plus grande partie du voyage entre l’aéroport et l’appartement s’effectuera sous terre. Pourtant, je ne suis pas déçue, j’aurai largement le temps d’aller explorer la ville en long et en large ces prochains jours, ces prochaines semaines, et je profite du petit trajet en bus pour m’émerveiller en voyant apparaître les buildings de Montréal au loin.

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Dans le bus, je fais la connaissance d’une chinoise qui devait descendre au même arrêt que moi, un peu perdue, je la guide jusqu’au métro. Pour me remercier, elle m’aide à porter mes bagages dans les escaliers. Nous discutons un peu en anglais : elle vient pour participer à des conférences dans le cadre de ses études, elle ne reste que quelques jours dans le coin.

En sortant du métro, je suis écrasée par la chaleur. Mon sac à main en bandoulière, et une valise dans chaque main, je pars à la recherche de ma colocation. Je demande mon chemin à deux passants, pour être sûre que je vais dans la bonne direction et ne pas avoir à faire demi-tour avec les 35kg que je fais rouler à bout de bras. Le trajet me paraît interminable, une fois arrivé au croisement du fameux arrêt de bus où les bus ne s’arrêtent pas, je sais quelle direction emprunter et à quelles rues tourner. Je découvre les jolies ruelles de mon quartier, pleines de charme.

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Une jolie surprise – ou pas – m’attendra à l’arrivée : un escalier minuscule et courbé pour atteindre la porte de l’appartement. Je crois que mon regard en contemplant la vingtaine de marches qui me séparent de l’arrivée était à ce moment-là tellement criant de désespoir qu’une dame passant par là avec son chien m’a proposé de garder l’une de mes valises pendant que je montais la deuxième. Nous avons discuté quelques instants, elle est partie et puis j’ai déverrouillé la porte… pour découvrir un deuxième escalier. J’ai une question à vous poser, amis canadiens : qu’est-ce que vous avez avec les escaliers, partout et tout le temps ?

 

C’est donc depuis un petit coin très mignon que je vous écris ces lignes. De nombreux commerces sont installés très proche de chez moi, j’ai pu aller faire mes premières courses au marché pour 11$ pour tenir jusqu’à demain, et un petit tour pour prendre les derniers clichés illustrant l’article. Les écureuils ne sont pas farouches, j’ai pu en approcher un tout à l’heure et un autre me nargue en sautant de branche en branche sur l’arbre juste devant la fenêtre du salon, où je suis installée (promis, j’essaierai de vous les prendre en photo un de ces jours). J’ai aussi fait connaissance d’un de mes voisins, à l’accent québécois bien prononcé, qui a l’air très sympa.