Après avoir passé l’après-midi de la veille à courir en ville à la recherche de morceaux de papiers*, telle une chasse au trésor géante, il était grand temps pour moi de partir affronter le mythique Mont Royal, la colline imposante qui surplombe Montréal. Comme depuis le début de ce voyage, c’est l’esprit vierge de toute image et de toute information que je pars à sa rencontre, avec comme seule indication la direction à suivre et la présence d’un lac pour y prendre mon déjeuner.

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Direction donc le Sud-Ouest depuis mon appartement, empruntant les petites rues du Plateau Mont-Royal. Après avoir marché l’équivalent de 2 ou 3 km, je l’aperçois enfin, il est là au bout de cette rue et il me nargue : je ne l’avais pas imaginé aussi intimidant. Il est recouvert d’une végétation épaisse et impressionnante puisqu’il se trouve en pleine métropole, à deux pas des buildings du centre.

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L’accès au Mont Royal peut s’effectuer par différentes entrées réparties tout autour du site. Je choisis l’entrée Nord-Est par l’Avenue du Parc ; celle qui est située le plus près de mon quartier.

 

STADE PERCIVAL-MOLSON

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Avant d’accéder au Mont à proprement parler, je m’aventure vers un portail ouvert que je repère au loin, caché par la végétation. Il s’agit du deuxième plus grand stade de la ville de Montréal avec une capacité d’accueil de plus de 25 000 personnes. Baptisé en l’honneur de l’athlète Percival Molson de l’Université McGill, tué pendant la Première Guerre Mondiale, il accueille en son sein des matchs de football canadien, de soccer et d’athlétisme depuis son inauguration en 1915.

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Depuis le haut des gradins, il paraît que la vue sur le centre-ville est hallucinante, mais je préfère rebrousser chemin pour ne pas déranger les joueurs qui s’entraînent sur le terrain.

 

 

MONUMENT À SIR GEORGE-ETIENNE CARTIER

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Un peu de culture générale, si vous le voulez bien. D’après Wikipédia, Sir George Etienne Cartier était un homme politique canadien-français, réformateur des systèmes d’éducation et de justice et l’un des pères de la Confédération – processus par lequel les colonies britanniques distinctes et autonomes du Canada, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Ecosse s’unifièrent afin de former une nation : en quelque sorte il s’agit de l’Indépendance du Canada par rapport au Royaume-Uni-. Ce monument a ainsi été érigé à sa gloire en 1919, 105 après sa naissance – inutile de préciser qu’il était déjà décédé, si ? et il fait face à une des entrées du Mont-Royal. – L’apparté historique étant terminé, je me permets de continuer mon récit.

 

SENTIERS DE RANDONNEE

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L’accès par le côté Est du Mont Royal s’effectue en pleine forêt, par des sentiers tortueux. Ne sachant trop quel chemin emprunter, je commence par suivre un couple de touristes que je repère au loin. Très vite, ils semblent hésitants et je finis par les dépasser. Je décide alors de me fier à mon sens de l’orientation, à mon instinct et continue de grimper sur le flan de la colline. La promenade est en réalité une randonnée, si bien que je conseille vivement à ceux qui veulent tenter d’accéder au sommet par l’Est de se chausser en conséquence, j’étais bien contente d’avoir mes chaussures de randonnée aux pieds, croyez-moi, question de confort !

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Le chemin que je suis débouche finalement sur la route, avec en prime un joli panorama sur la ville. Je m’arrête pour boire un peu – il fait chaud à Montréal au mois d’août décidement ! – et pour immortaliser le paysage, même si je n’ai pas encore fini de grimper le Mont Royal et qu’il y a fort à parier qu’une vue bien plus impressionnante m’attend là-haut.

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De nouveau plongée en pleine forêt pendant un bon bout de temps. Je suis parfois étonnée de ne croiser personne sur les sentiers, surtout vu le monde que je rencontrerai une fois arrivée au Sommet : mais par où sont passés les autres ? Pas par l’entrée Est apparemment…

 

CHALET DU MONT-ROYAL

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Le Chalet du Mont-Royal indique que vous êtes au sommet de celui-ci. L’immense belvédère aménagé juste devant offre une vue à couper le souffle sur le centre-ville et les buildings de Montréal.

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L’arrivée sur cette immense place, les cheveux aux vents, se rapprocher doucement du rebord et contempler ce panorama hallucinant, c’était dingue, c’était fou. On en oublie tout : le mal de dos à cause du sac un peu trop lourd, les coups de soleil et les km parcourus. Il faut juste être là et vivre le moment, se prendre une jolie claque dans la figure tellement c’est beau. Il n’y a aucun problème à faire abstraction du lot de touristes tout autour ; Montréal à ce moment-là, nous n’étions plus que deux à se regarder droit dans les yeux : toi & moi.

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LE LAC AUX CASTORS

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Il faudra encore un peu de marche pour atteindre ce lac. Quelques travaux sur la berge gauche, mais la pollution sonore n’est pas si importante, je me régale de me poser en plein milieu de cette pelouse verte pour déguster mon déjeuner, le repos est bien mérité. Les mouettes me dévisagent, restent aux aguets, se demandant certainement si je suis partageuse, si je vais leur laisser ou non une partie de mon repas. La réponse sera évidemment non, j’avais prévu d’acheter un sandwich mais il restait des légumes à terminer avant mon départ le lendemain, légumes que je m’empresse de picorer en observant les touristes se promener autour du Lac aux Castors.

 

RETOUR ET DERNIERES VUES SUR LES BUILDINGS

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Il est temps pour moi de rentrer. Au lieu de faire demi-tour, je choisis de continuer mon chemin vers l’Ouest afin de déboucher sur une autre sortie, et profiter un peu du panorama sur la ville. Je descends par un immense chemin en goudron, je comprends qu’il s’agit de l’entrée pour les véhicules, certes il y a moins de possibilité de se perdre mais je préfère le charme des petits sentiers de l’aller. Encore quelques escaliers pour couper à travers les virages en tête d’épingle et je retrouve la civilisation.

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* Petite séance de rattrapage collectif – ce que vous avez manqué dans les épisodes précédents : Pauline & l’Administratif (voir petite note du début d’article)

Ma journée de mercredi était exclusivement réservée aux différentes démarches administratives, un petit parcours du combattant en plein cagnard. Il fallait tout d’abord que je me rende à l’ETS – l’Ecole de Technologie Supérieure, située à 4km de mon domicile, au Bureau du Registraire, ouvert qu’à certaines heures bien précises, avec passeport, certificat de naissance & attestation de la LMDE pour récupérer la preuve d’inscription officielle à l’ETS. Après avoir traversé tout Montréal à pieds pour l’atteindre sur les coups de 15h00, je fais la queue pendant près de 45 minutes devant le fameux Bureau, attendant mon tour derrière d’autres étudiants étrangers. La dame de l’accueil finit par me prendre, me fait signer quelques papiers, en scanne d’autres et me délivre le précieux sésame. Il est donc 16h00 le temps de faire tout ça. Le bureau de la RAMQ, qui ferme à 16h30, auquel je dois me rendre avec mon passeport, mon attestation de la LMDE & la preuve d’inscription officielle à l’ETS que je viens de récupérer est situé à 23 minutes à pieds de l’ETS m’annonce Google Maps, et je n’ai pas de rendez-vous. Course poursuite contre le temps à travers la ville, je marche d’un pas très décidé mais dois m’arrêter régulièrement aux feux pour laisser passer les voitures. Finalement, je finis par arriver dans l’immense bâtiment en centre-ville, monte au troisième étage où on me renseigne que le bureau pour les étudiants étrangers est au quatrième étage, le temps file. Quatrième étage, 16h15 – oui, j’ai défié Google Maps -, la fille de l’accueil me demande avec un grand sourire si j’ai rendez-vous. Je lui dis que je souhaite prendre un rendez-vous maintenant si possible, sinon pour plus tard. Elle me dit que c’est mon jour de chance, un poste vient de se libérer et l’agent peut me prendre immédiatement si je le souhaite. Ouf ! Je commande donc ma Carte d’Assurance Maladie, ici appelée Carte Soleil qui arrivera directement dans la boîte aux lettres d’ici une semaine, et qui me permet de ne payer aucun frais de santé grâce à une entente entre la France et le Canada. Il ne me restera plus qu’à aller valider définitivement mon inscription à l’ETS en amenant un certificat délivré ce jour-là par la RAMQ. Quand je vous ai parlé de « Chasse au trésor géante » – récupérer un indice là qui permet d’aller à l’endroit suivant, récupérer un autre indice jusqu’à trouver le fameux trésor : être admise à l’ETS -,  je ne vous ai donc pas vraiment menti…