Il y a ces week-ends qui s’improvisent à la dernière minute, sur un coup de tête, un vendredi après-midi. Une proposition inattendue, alors qu’on s’apprête à entamer la fin de semaine studieusement ; entre révisions et bons plans montréalais. La décision est vite prise, les valises déjà bouclées mentalement. Quelques problèmes d’organisation de dernier instant, un permis oublié, une location difficile à trouver ; le voyage aurait pu se terminer aussi vite qu’il a « commencé ». Finalement, les problèmes sont assez rapidement réglés, on boucle les ceintures samedi matin à huit heures, prêtes pour vivre de nouvelles aventures.

DSC_0322(1)
DCIM100GOPRO

DSC_0321

La voiture louée la veille au soir est chargée, nous partons aux petites heures du matin avec Ekaterina pour grapiller quelques minutes au lieu de faire la grâce matinée ; les quatre autres nous rejoindront au Mont Tremblant un peu plus tard dans la journée, avec la seconde voiture. Sur le chemin, nous nous arrêtons au supermarché acheter les provisions pour le week-end & au Tim Hortons pour nous régaler d’un bon muffin et d’un chocolat bien chaud, avant d’arriver au Lac Monroe sur les coups de onze heures.

DSC_0324

DSC_0325

DSC_0326(1)

Les couleurs de l’été indien commencent à s’installer doucement dans le paysage, ce jaune & ce orange qui vont venir progressivement teinter la nature québécoise. Le ciel bleu est aussi de la partie ; il est agréable de se réchauffer au soleil avant d’entamer l’activité dont nous avons parlé pendant une bonne partie du trajet, celle que nous avions absolument envie de tester ; le paddle, du surf avec une pagaie, debout sur une planche.

Je glisse la GoPro dans la poche du short, enfile le gilet de sauvetage juste après reçu les dernières recommandations ; c’est notre première fois en paddle et on nous fait bien comprendre qu’il y a de fortes chances pour que l’on tombe dans l’eau très fraîche du Lac Monroe. On se regarde en paniquant un peu, on attrappe nos planches et nos pagaies, et on se « jette à l’eau ».

DCIM100GOPRO

DCIM100GOPRO

DCIM100GOPRO

DCIM100GOPRO

Les premiers mètres sont un peu hésitants, le temps de trouver notre équilibre, on pousse quelques cris, on tente quelques techniques approximatives pour se stabiliser ou pour tourner, puis une fois qu’on se sent assez à l’aise, je sors la caméra pour immortaliser l’instant, en arborant le sourire le plus serein possible ; « Oui, je suis debout sur l’eau, parfaitement dans mon élément et vous, ça va? ».

L’heure de location passe très rapidement, un aller-retour jusqu’au fond du lac, on a pas vraiment envie de s’arrêter, on s’amuse plutôt bien sur nos planches, & puis on a défié les pronostics ; on est pas tombé finalement, ni l’une ni l’autre. Une petite tape dans la main, on rend l’équipement et on part à la voiture chercher notre déjeuner, que nous prévoyons de déguster sur une plage aperçue de l’autre côté de la rive.

Après avoir fait quelques mètres à pieds, on entend le moteur d’une voiture, on se retourne un peu par hasard alors qu’on était en train de quitter le parking pour s’enfoncer sur le chemin ; on se retrouve nez-à-nez avec le restant de notre groupe qui nous fait des grands signes de la main, timing parfait pour aller prendre notre repas tous les six, ensemble, au bord de l’eau & face à ces paysages si tranquilles.

DSC_0339

DSC_0341

DSC_0348

DSC_0352

DSC_0345

Après avoir repris la voiture pour récupérer les clefs de notre location, nous découvrons notre chalet très rustique ; pas de douche, des toilettes sèches un peu plus loin dans la forêt, pas d’eau courante, pas de matelas non plus et une température intérieure ne dépassant pas les 5 degrés. Pendant qu’Ekaterina se remet de ses émotions, Jonathan prépare le feu pour réchauffer la grande pièce unique. Quant à moi, malgré le manque de confort, je suis vraiment contente et excitée à l’idée de passer la fin de journée et la nuit dans cet endroit si typique canadien ; je nous vois déjà autour du feu en pleine nuit, à manger, à boire et à se raconter nos vies jusqu’à pas d’heure.

DSC_0346

DSC_0365

DSC_0359

DSC_0360

DSC_0377

Une fois sommairement installés dans notre campement de fortune, nous prenons la direction de la chute d’Archambault sur l’un des petits sentiers de la forêt pour nous dégourdir les jambes et découvrir un peu les alentours, tant que la lumière du soleil nous éclaire encore.

Le petit pont de bois, les petits chemins cernés par les racines gigantesques des arbres, la cascade & le bruit si particulier de l’eau qui vient s’écraser contre les rochers, la lumière jaune du soleil filtrée par les arbres de la forêt, de toutes les couleurs ; nous en prenons plein les yeux et sortons l’appareil photo du sac à de nombreuses reprises pour déclencher comme bon nous semble, et pour nous prendre en photo aussi, riant de bon coeur sur le mini-belvédère aménagé juste au-dessus de la chute.

DSC_0419

DSC_0430

DSC_0394

DSC_0440

DSC_0446

Le soleil commence à descendre doucement sur l’horizon, la forêt s’assombrit, il est temps pour nous de rentrer pour préparer à manger ; Ira, Isabelle et Eka s’occupent du feu pendant Anya, Jonathan et moi, nous nous essayons à la coupe du bois, tels de vrais bûcherons québécois. On se moque gentiment de moi ; j’ai dû mettre dix bonnes minutes avant de réussir à fendre en deux une pauvre petite bûche, inutile donc d’imaginer une quelconque reconversion, si un jour l’aéronautique ne me passionne plus.

DSC_0494

DSC_0513

DSC_0471

DSC_0500

DSC_0516

La nuit tombe sur le Parc National du Mont Tremblant, les températures chutent doucement mais on se réchauffe autour des crépitements du feu de camp en mangeant notre repas, et en riant. Dans la soirée, on ouvre le paquet de marshmallow acheté quelques heures plus tôt dans la petite boutique près du lac, & on les fait fondre dans le feu avec de grands pics de bois.

Nous laisserons ensuite le feu se consumer et s’éteindre doucement, et rentrerons à l’intérieur pour terminer la soirée en jouant à différents jeux de cartes, avant d’aller nous coucher vers minuit, bien fatigués par le début du week-end mais contents d’être ensemble.

DSC_0528

DSC_0543

DSC_0547

DSC_0551

DSC_0573

DSC_0568

Réveil aux petites heures du matin pour prendre un bon petit déjeuner, vider le chalet & le nettoyer, rendre les clefs avant dix heures, pour ne pas être en retard pour notre escapade de la journée. On échange un peu sur nos impressions et notre nuit en préparant le repas du midi ; la température intérieure avoisinait les zéros degrés sur les coups de cinq heures, le feu s’étant éteint durant la nuit. Certains ont eu très froid, mais enroulée dans ma couette malgré mon short et mon t-shirt, je n’ai pas vraiment été gênée.

DSC_0614

DSC_0615

DSC_0607

DSC_0624

Nous reprenons la route avec nos deux voitures, validons notre entrée au Parc National du Mont Tremblant grâce à la réservation faite la veille, récupérons nos 3 kayaks doubles que nous chargeons sur le bus qui va nous emmener au début du parcours. Le départ est prévu à onze heures, nous avons trois heures de parcours devant nous et devons être au point d’arrivée à quinze heures, le calcul est vite fait ; nous aurons plus ou moins une heure de pause pour manger, ou pour nous poser sur une des nombreuses petites plages et apprécier le panorama. Je prends soin de ranger mon appareil photo dans un sac étanche et nous partons.

DSC_0626

DSC_0631

DCIM100GOPRO

Le départ se fait dans la bonne humeur, je prends place devant Eka et nous rions comme des folles tellement nous peinons à diriger le kayak ; celui-ci vient s’empêtrer dans tous les bancs de sable et les gros cailloux des rapides, et nous avons clairement du mal à changer de direction – on se retrouvera d’ailleurs plusieurs fois dos au courant. Plus nous rions et moins nous avons de force pour nous sortir de la misère ; je finis par retirer mes chaussures de randonnée et descendre pour essayer de nous dégager. Nous saisissons finalement le problème après quelques minutes ; le siège d’Eka est positionné beaucoup trop au centre du kayak. Une fois celui-ci réaménagé et Eka installée le plus à l’arrière possible, nous filons à toute vitesse sur l’eau pour rattraper notre retard, improvisant quelques courses effrénées avec Jonathan et Anya.

DSC_0648

DSC_0678

DSC_0681

Nous nous arrêterons deux fois ; la première pour prendre notre déjeuner et la deuxième pour souffler un peu avant d’avaler le dernier tronçon du parcours, quelque peu pressés par le temps.

DSC_0685

DSC_0691

DSC_0700

DSC_0704

Douze kilomètres et quatre heures plus tard, nous posons le pied sur la plage d’arrivée, juste à l’heure pour prendre le bus du retour. Les bras et le dos sont déjà légèrement courbaturés, on se prend à rêver d’un spa et d’un bon massage entre copines.

Une petite pause près du Lac Monroe, un petit tour à pieds pour admirer de jolies chutes & il est déjà temps de mettre fin à ce week-end en reprenant la route vers Montréal, trajet durant lequel on s’arrêtera deux fois pour prendre quelques photos du paysage sous une belle lumière avant que la nuit ne tombe, la Lune immense nous guettant du coin de l’oeil pour rallier les derniers kilomètres jusqu’à l’appartement.

DSC_0740

DSC_0748

DSC_070

DSC_0767

DSC_0769

DSC_07742

DSC_07842

 Il y a ces week-ends qui s’improvisent à la dernière minute, sur un coup de tête, un vendredi après-midi. Ces petits voyages entre amis qui sont à « ça » de tomber à l’eau mais qui finissent par voir le jour, & heureusement. On met tout de côté, les révisions et le partiel attendront et finalement, on ne regrette pas ; on découvre de nouvelles activités avant que la météo ne devienne trop capricieuse et on se pose tous ensemble, comme une grande famille, le temps d’un instant, d’un repas. Et ça fait du bien.