Et si on profitait de ce dimanche pluvieux pour continuer d’explorer le Sud de la France ? Après les Pyrénées, dans le dernier article du blog, aujourd’hui c’est sur les remparts d’une des plus belles cités médiévales du monde que j’ai envie de vous emmener vous balader.

Située à une petite centaine de kilomètres, Carcassonne est accessible aussi bien en voiture qu’en train depuis Toulouse. & c’est justement cette dernière option que nous avons choisi pour nous y rendre pendant les vacances de février avec un ami.

Rendez-vous donc à la gare au petit matin, pour arriver là-bas dès l’ouverture et ainsi profiter pleinement de la belle journée de visite qui s’annonce. Quarante-cinq minutes d’intercité et vingt minutes de marche sous un grand ciel bleu plus tard, nous voilà au pied de la forteresse, classée Monument Historique et inscrite au Patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1997.

Le voyage à travers le temps commence, dès le passage de la porte d’entrée principale, la Porte Narbonnaise.

Dans le Château Comtal, une vidéo projetée retrace l’histoire de la Cité, époque après époque. On apprend alors que son emplacement géographique (proximité avec l’Espagne, situé sur sur le fleuve de l’Aude, entre les Pyrénées et la Montagne Noire et donc sur un axe de communication majeur entre l’Océan Atlantique et la Mer Méditerranée) en fait un haut-lieu stratégique depuis l’époque gallo-romaine. C’est d’ailleurs au 3ème siècle que les premiers remparts sont érigés. S’en suivront ensuite plusieurs périodes distinctes qui marqueront l’architecture de la Cité. Au 11ème siècle, la famille de Troncavel prend possession de la ville et lance de nombreuses constructions, dont la Basilique Saint-Nazaire et le Chateau Comtal. La ville se dote alors de sa première fortification complète. Au 13ème siècle, suite à l’émergence d’une nouvelle religion, le catharisme, Carcassonne est assiégée par les croisés, obligeant le vicomte de Troncavel, accusé d’hérésie, à se rendre: elle deviendra par la suite domaine du Roi de France. De nombreux travaux de modernisation en découleront : réparation des enceintes, construction des différentes tours et portes, ajout d’étages au Château, intégration de techniques de défense récentes, faisant de Carcassonne une des places fortes les mieux pourvues de France pendant quelques décennies. Au 17ème siècle, la ville perd sa position stratégique suite au Traité des Pyrénées qui redessine les frontières avec l’Espagne, marquant le début de son abandon et de sa détérioration. Finalement, c’est au 19ème siècle que le sauvetage de la Cité commence, à l’initiative de Jean-Pierre Cros-Mayrevieille et d’Eugène Viollet-le-Duc.

Depuis lors, la Cité de Carcassonne compte 52 tours et 3 km de remparts, répartis sur une double enceinte.

On décide de profiter des petites heures calmes du matin, tandis que la Cité semble encore endormie, pour partir s’aventurer sur les chemins de ronde. D’ici, on surplombe les ruelles intra-muros pleines de charme et surtout, on découvre la vue dégagée sur la Vallée de l’Aude, revêtant des faux airs de Toscane.

On flâne au soleil, attardant notre regard sur quelques détails d’architecture. La conservation de ces vestiges du passé, de ce lieu chargé d’histoire, nous impressionne d’ailleurs. Presque seuls visiteurs malgré le soleil et les températures clémentes, on se dit aussi que cette période de l’année est sûrement la plus agréable pour profiter et s’imprégner pleinement des lieux.

Après avoir bien profité de la ville, s’être réchauffé le midi dans un petit restaurant, avant de finir notre visite en début d’après-midi, il est déjà l’heure de repartir, le train du retour nous attend. Nous jetons un dernier regard vers la Cité, tandis que le ciel se couvre.

J’ai ouïe dire  que la Cité de Carcassonne était à visiter au moins une fois dans sa vie… ou disons deux, si comme moi, vous étiez trop jeune la première fois pour vous en souvenir. Et vous alors, quand est-ce que vous prenez vos billets ?