Le soleil de ces derniers jours à Valence pendant que, je le sais, vous vivez en France les premières températures un peu rudes de l’hiver, me donne envie de partager avec vous une de nos excursions de début de semestre. Et croyez-moi, j’ai encore quelques jolis chapitres espagnols à vous conter pour vous faire tenir jusqu’au retour des beaux jours.

À l’instar de notre parenthèse à Peñiscola, il faut donc remonter un peu le temps, cette fois-ci jusqu’à mi septembre.

Fraîchement arrivés à Valence et après avoir géré les galères administratives espagnoles et la file interminable devant le bureau des relations internationales pour valider officiellement notre semestre, on s’attarde avec Hugo sur le programme des premiers week-ends. Si je me fie à mon séjour au Canada, je sais que nos 5 mois en Espagne vont passer à une vitesse hallucinante et qu’il faut profiter de nos premières semaines pour partir explorer les alentours avant que le « froid » (comprenez les « 15 degrés hivernaux ») et la charge de travail aient raison de notre motivation.

Ni une, ni deux, on décide de booker l’une de nos premières excursions avec l’ESN – l’Erasmus Student Network de Valence – qui propose des prix défiant toute concurrence. On flashe sur une activité qui nous botte particulièrement : l’Albufera en bici et on propose à Anne-Lise et David, deux français rencontrés pendant une soirée quelques jours plus tôt, de se convier à nous.

Pour ceux qui ont pris Allemand en LV2 – mais même pour ceux-là, je suis sûre que vous aviez deviné – « bici » est le diminutif de « bicicleta » en espagnol, « vélo » en français.

Le vélo justement, c’est un des moyens de transport préféré des Valenciens. À Valence, comme à Paris ou à Toulouse par exemple, il existe un système de vélo en libre-service, mis en place par la municipalité depuis 2010. Valenbisi – c’est le nom du système – propose presque 3 000 vélos sur plus de 250 stations disséminés un peu partout dans la ville et le tarif est de seulement 29€/an. L’avantage par rapport à des villes comme Paris ou Toulouse, c’est qu’il est possible d’effectuer quasi tous ses déplacements, été comme hiver, avec ce réseau puisque la température ne descend quasi jamais en dessous des 10°C, qu’il ne pleut que très rarement et que de nombreux trottoirs un peu partout sont aménagés en pistes cyclables. Outre ce système, il existe aussi de nombreuses boutiques où vous pouvez louer un vélo pour la journée pour 8 à 15€ selon la saison.

La sortie, entièrement organisée par l’ESN, comprenait donc la location des vélos, la visite du lac en barque et le repas, pour 16€. C’est plus particulièrement notre petite escapade en bateau dont j’aimerais vous partager les photos.

On s’est donc rejoint tous les 4 au point de rendez-vous, devant une des boutiques de location, un samedi matin, afin de récupérer nos vélos, et partir à l’aventure, direction Albufera.

L’Albufera, c’est un site naturel d’Espagne situé à une dizaine de kilomètres au sud de Valence, déclaré site protégé depuis 1986, et s’étendant sur plus de 21 hectares. En arabe, Albufera signifie « pequeño mar », petite mer. C’est donc armés de nos bicyclettes que nous avons rejoint cette jolie lagune en bordure de la Mer Méditerranée, en passant devant la Ciudad de las Artes y de la Ciencias.

Une petite heure de pédalage et papotages plus tard, nous avons déposé nos vélos dans une sorte d’entrepôt et rejoint à pied un des canaux menant au lac pour monter sur les barques. Après un rapide examen, on décide de se positionner pour embarquer sur le bateau qui nous paraît le moins délabré et avec le tissu-parasol pour nous protéger du soleil. Mission réussie, on nous prête même en prime des chapeaux de paille pour un effet toujours plus « vacances au soleil ».

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Bercés par le tangage du bateau et la musique latine en fond sonore, on écoute tout de même très attentivement les explications et les anecdotes de notre guide sur les rizières, la vie des pêcheurs et sur le lac en lui-même. Les couchers et levers de soleil y sont parait-il particulièrement impressionnants.

Une fois au milieu du lac, on rapproche les différents bateaux pour prendre quelques clichés pour l’association, quelques selfies et pour bronzer en remontant les manches du t-shirt. On s’émerveille devant la vue à 360° aussi : on aperçoit très clairement les montagnes d’un côté et la ville de l’autre.

Rizières, barques et chapeaux de pailles nous font voyager outre-mesure, on est un peu dépaysés et on se croirait presque en Thaïlande finalement. D’ailleurs, sur le bateau, les conversations vont bon train et on se prend à rêver de grands voyages en Asie, en mode backpackers.

Retour à la réalité : après avoir bien profité des paysages, on reprend le chemin de la terre ferme en repassant par le canal, duquel on peut contempler les rizières, toujours un peu rêveurs.

Après cette escapade agréable, on récupérera les vélos puis les sandwiches qu’on ira manger près de la ville avant de se frayer un chemin jusqu’à la Playa de Soler. Ce jour-là, impossible de profiter entièrement des joies de la plage. Je disais tout à l’heure qu’il faisait beau et chaud en permanence à Valence, voilà l’exception qui confirme la règle : le ciel s’était couvert pendant le repas et le vent soufflait fort. Les garçons ont été suffisamment courageux pour se baigner, pendant que nous, les filles, fouillons nos sacs à la recherche d’une petite laine pour couvrir nos épaules dénudées et profiter malgré tout des quelques rayons du soleil qui filtraient, allongées sur notre serviette.

Passées 16h, on a repris la route avec nos vélos direction Valence, où on aura fini par se poser dans un restaurant-bar, à grignoter des tapas et faire des plans sur nos prochaines sorties.